Rencontre avec … Florian

 Rencontre avec … Florian

 

KL : Florian, tu es co-fondateur du réseau. Nous aimerions savoir comment l’idée vous en est venue, à Grégory et toi.

FC : J’ai passé une dizaine d’années dans la finance. Puis je me suis retrouvé au chômage et comme je ne trouvais pas d'emploi, il m’est venu à l’idée de travailler, comme beaucoup d’enseignants du réseau, dans les agences que nous connaissons tous en tant que professeurs particuliers.

 

J’ai donc commencé à donner des cours, et j’y ai pris goût. Au bout d’un moment, tout de même, je me suis demandé s’il ne serait pas judicieux de travailler directement avec les familles, sans passer par les agences. Gagner quinze euros de l’heure … J’ai fait des études solides, je connais bien les programmes … Je me suis donc mis à la recherche de quelqu’un qui aurait fait du cours particulier son activité principale et qui travaillerait en direct. C’est alors que j’ai trouvé le site de Grégory. Je l’ai tout de suite contacté, car je souhaitais échanger avec lui.

Grégory m’a raconté son parcours, m’a expliqué que l’on pouvait vivre de ce métier très honnêtement, si on l’exerçait à plein temps en travaillant sérieusement, comme lui-même le faisait. Il m’a ensuite présenté Didier KROPP et Karin LAFONT, l’équipe d’un petit réseau de professeurs particuliers indépendants et passionnés, qui n’ont fait qu’accroître le début de passion que je commençais à ressentir.

 A la rentrée suivante, Grégory m’a envoyé des élèves, ainsi que Didier, qui m’a bien épaulé au début de ce chemin – et je leur en serai toujours reconnaissant. J’ai suivi les conseils qu’ils m’ont donnés, monté mon site et commencé à avoir mes propres élèves.

 Peu à peu, j’ai pris conscience que l’enseignement à domicile était un marché porteur malgré la crise économique et qu'il fallait considérer cette activité comme un vrai métier. L'image du professeur particulier est encore réduite en France à celle d'un job d'étudiant. Or la demande est telle, le besoin si pressant d'obtenir des résultats que la professionnalisation de cette activité est un chemin naturel. Tu sais comme moi que certains enseignants du réseau ont des rémunérations de cadres supérieurs. Pourquoi ? Car c'est un vrai métier pour ceux qui le considèrent comme tel ainsi que pour les familles qui font appel à ces professionnels.

Donc, je me suis demandé pourquoi ne pas reproduire cette expérience individuelle positive à un niveau plus important, pourquoi ne pas faire en sorte que les familles qui adressaient des demandes auxquelles nous ne pouvions plus répondre puissent trouver un enseignant qualifié, capable de faire monter les moyennes car tel est l'objectif final, ne l'oublions pas !

C’est ainsi que Grégory et moi avons commencé à chercher des enseignants d’un excellent niveau et à les mettre en relation avec des familles – cela notamment été le cas pour toi, Karin qui souhaitais t’investir davantage dans ce métier. Nous avons aussi commencé à organiser des stages intensifs et pour finir, nous avons monté une société afin de participer au développement et à la valorisation du métier de professeur indépendant, partout en France et quelle que soit la matière, de façon plus structurée.

 

KL : Quels sont maintenant les objectifs du réseau ?

FC : Il s’agit de participer à la valorisation de professionnels particulièrement compétents, dotés de réelles capacités à transmettre et à s’investir auprès de leurs élèves, de dynamiser leur parcours. Nous voulons permettre à ces personnes diplômées, voire très diplômées et très pédagogues (ce qui ne s’apprend pas à l’école), de vivre décemment d’un métier qu’elles exercent avec beaucoup de sérieux et d’implication.

Les tests de sélection que nous mettons en place prennent donc en compte la technicité des enseignants, tout autant que leur capacité à transmettre. Nous voulons permettre à ces enseignants de vivre décemment, car leurs salaires sont parfois indignes de leurs compétences et de ce qu'ils apportent à leurs élèves.

Quand j’étais trader, j’avais une utilité sociale nulle. Il se trouve que les enseignants participent au développement des capacités des jeunes et en ce sens, soutiennent les familles, ce qui est particulièrement important en ces temps de crise, alors que la nécessité d'obtenir des diplômes pour pouvoir intégrer le marché du travail dans de bonnes conditions est devenue primordiale. Quand je regarde mon parcours passé et mon ancienne profession, sans rien renier, je me sens beaucoup plus heureux et épanoui aujourd’hui. Je ressens aussi une certaine fierté d’apporter vraiment à autrui.

 

Cette fierté, je la sens aussi chez les enseignants que nous rencontrons. Il me paraît essentiel de valoriser ces compétences et ce sens de l’humain.

Le réseau ? Il s’agit d’une communauté d’intérêts. Nous aidons les professeurs à se lancer, mais leur retour est très important dans la construction du réseau et son animation. En fait, le réseau vit grâce à ses membres : nous sommes presque dans l’esprit des guildes du Moyen Âge, dans une dynamique d’entraide et de partage.

Nous avons aussi la possibilité de nous rencontrer, d’échanger, lors d’événements comme le jumping de Gambais où nous avons un stand à l'année pour communiquer sur le rôle du réseau, par exemple, ou lors des sessions de stages intensifs animées par des enseignants du réseau - ce qui n’est pas négligeable dans le cadre d’une profession où l’on travaille en solitaire. Tous les enseignants du réseau en témoignent : les contacts entre collègues représentent un réel enrichissement.

 

 

 KL : Qu’évaluez-vous chez les enseignants lors des recrutements ?

 FC : C’est très simple. Les sessions de recrutement consistent d’abord en un entretien de motivation, afin de déterminer si la personne est vraiment désireuse de poursuivre sa voie dans l’enseignement privé sur-mesure et surtout si elle faite ou non pour le métier de professeur particulier indépendant.

 En second lieu, des tests techniques portent sur les matières sur lesquelles l’enseignant souhaite se positionner au sein du réseau.

 Le recrutement comporte également un test de culture générale afin de s’assurer du niveau de la personne – il faut qu’elle soit en mesure de tenir une conversation avec les parents ou avec les élèves.

Nous allons désormais faire faire une dictée aux postulants pour mesurer leur niveau d’orthographe (et oui !). Il n’est pas pensable qu’un professeur, quelle que soit la matière qu’il enseigne, fasse des fautes toutes les lignes, d’abord vis-à-vis de l’élève pour qui il doit être un modèle, que vis-à-vis des familles auxquelles il va être amené à envoyer des courriels ou des sms régulièrement au cours de l'année scolaire.

Enfin, la mise en situation pédagogique est sans doute l’épreuve la plus importante. Nous donnons au professeur postulant un sujet et lui demandons de nous faire cours, sur Montaigne ou sur les fonctions, par exemple. Les cours particuliers s’apparentent de notre point de vue plus à du « coaching scolaire » qu’à du « soutien scolaire ». A ce titre, nous pensons qu’une très large part de la réussite d’un accompagnement de ce type tient à la pédagogie voire à la psychologie. La technique est nécessaire mais non suffisante, c’est une certitude. Il faut aimer le contact humain, comprendre les problématiques personnelles de l’élève, parfois ses problèmes familiaux, bref s’intéresser à lui en tant qu’individu et non pas comme un collégien ou lycéen lambda.

 

Nous recevons régulièrement des normaliens ou des agrégés – en pareil cas, nous allons nous intéresser particulièrement à la pédagogie, le niveau technique étant excellent. Cependant ils seront notés comme tous les autres profils.

On s’intéresse également à des profils plus atypiques - dont je suis humblement un exemple - des cadres dotés d’une certaine capacité à structurer leur pensée et disposant d’un niveau d’études leur permettant de rapidement s’approprier les programmes de l’Education nationale.

 Le recul et l’expérience des contraintes du « privé », de l’obligation de résultats et la liberté dans les chemins d’apprentissage nous font constater que cette typologie d’enseignants peut s'avérer particulièrement performante.

 

 

 A ma connaissance, personne ne recrute les professeurs particuliers de cette façon en France.

 

 KL : Quelles matières enseignes-tu toi-même ?

 FC : J’enseigne les mathématiques de la 3ème à la Terminale, ainsi que l’économie en filière ES.

 

 KL : Quelle est ta formation initiale ?

 FC : J’ai une licence en sciences économiques et je suis diplômé de Sciences Po Paris, section économique et financière.

 

 KL : Te reste-t-il un peu de temps pour les loisirs ?

 FC : Entre les cours particuliers et le projet du réseau, mes loisirs se sont réduits comme peau de chagrin. J’essaie tout de même de consacrer autant de temps que possible à mes deux petites filles.

 

 

 

Karin LAFONT

 

 

 

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