Rencontre avec … Didier

Rencontre avec … Didier

 

As-tu toujours enseigné ?

Non ! J'ai donné quelques cours particuliers quand j'étais étudiant, et j'ai effectué mon service militaire comme coopérant : j'ai enseigné la physique-chimie pendant deux ans au Maroc, dans un lycée public marocain. Puis durant mes vingt-cinq ans de vie professionnelle dans l'industrie privée, le secteur informatique pour être précis, il m'est arrivé de dispenser des formations à des adultes. Ce n’est que plus tard que j'ai de nouveau enseigné en collège et lycée …

 

Comment en es-tu venu à donner des cours particuliers, jusqu’à en faire ton activité ?

Il y a de cela une dizaine d'années, je me suis retrouvé sans emploi. À cette époque, on commençait à parler beaucoup du soutien scolaire, les acteurs majeurs du marché d'aujourd'hui émergeaient. J'ai très vite senti que j'avais là une possibilité de reconversion : j'ai enseigné en tant que vacataire ou contractuel, tant dans l'enseignement dit privé (formations en alternance de type CAP, BEP, BP, Bac Pro, gérées par les chambres de commerce et d'industrie) que public (éducation nationale, enseignement public agricole), essentiellement pour me remettre dans le bain du système éducatif; et parallèlement j'ai commencé à donner des cours particuliers. J'avais la chance de ne pas avoir oublié grand-chose de mes études scientifiques ! Je dispensais également quelques formations professionnelles en informatique. Et à partir de 2005 je me suis consacré quasi-exclusivement aux cours particuliers.

 

Qu’est-ce qui a fait que tu as « accroché » à ce métier et qui t'a donné l'envie de continuer à l’exercer, plutôt que de rester dans le système éducatif ?

En premier l'indépendance, et en second la possibilité d'enseigner en ayant l'impression d'être un minimum utile. Être indépendant, c'est en moi, c'est une part de ma personnalité profonde; ainsi, j'ai créé mon entreprise individuelle de conseil et de formation en informatique en 1984, et je crois que c'est à cette période de ma vie que j'ai été le plus à mon aise dans mon métier d'informaticien. Lorsque l'on est enseignant vacataire ou contractuel, on peut difficilement espérer avoir de "bonnes" classes : essayer d'enseigner les maths à des jeunes qui n'en ont que faire, au mieux c'est de la garderie, au pire on passe 90% de son temps à faire de la discipline. À cela s'ajoutent de mauvaises conditions de travail : on a un pied dans le système éducatif, l'autre en-dehors, et en fin de compte on vit le pire des deux mondes : beaucoup de contraintes, une machinerie administrative parfois ubuesque, une paye plutôt maigre et aucune perspective. Enseigner à un seul élève, cela n'a rien à voir avec l'enseignement devant une classe : l'élève est demandeur, il est motivé pour apprendre et lorsque les résultats sont là (pas nécessairement les notes, cela peut être redonner confiance en soi à un jeune) les parents et l'élève vous disent merci. Je précise que j'ai très rapidement sélectionné mes élèves, en me limitant aux lycéens de 1ère et terminale S, et en m'assurant que c'était bien eux qui étaient demandeurs et non leurs parents ! Il m'est quand même arrivé d'avoir quelques surprises...

 

Par exemple ?

Je me souviens d'un élève en 1ère S au sujet duquel la famille m'avait affirmé qu'il "avait quelques difficultés mineures" et qu'il "était désireux de prendre quelques cours". Jusque là, tout va bien. Mais quand j'ai rencontré la famille et l'élève... catastrophe. Perdu dès qu'il voyait le symbole de la racine carrée, confondant abscisse et ordonnée, ce pauvre gamin n'était définitivement pas à sa place dans une filière scientifique. Il était en revanche passionné par la cuisine ! J'ai compris en discutant avec lui que ses parents (son père essentiellement) avaient forcé son passage dans cette filière contre son gré et contre l'avis de ses professeurs de seconde. C'était une situation difficile à vivre. Après quelques cours, j'ai expliqué à la famille que selon moi, les lacunes de leur fils étaient trop importantes pour que je puisse sereinement envisager de l'aider. Que pouvais-je dire d'autre ? Curieusement, je l'ai retrouvé par hasard quelques années plus tard sur un réseau social. Il m'a expliqué qu'il avait redoublé sa 1ère puis quitté le lycée, qu'il avait alors fait un BEP cuisine en alternance et qu'il continuait en bac pro. Il semblait content de ses études, et c'est bien là l'essentiel.

 

Quels sont, d'après toi, les aspects les moins faciles ou les moins agréables de ce métier, qui semble au demeurant te plaire beaucoup ?

Je pense que pour la majorité des profs indépendants, l'exercice quotidien impose de travailler le samedi, en soirée ; nous sommes souvent obligés de nous déplacer beaucoup. En fin de compte, nous avons de longues journées en horaires décalés, ce qui peut être difficile à concilier avec une vie familiale et/ou sociale. Également, être prof indépendant salarié CESU, c'est pour les administrations, les banques .... être précaire. Cela peut dans certains cas être un avantage, mais c'est le plus souvent un inconvénient majeur pour, par exemple, pouvoir bénéficier d'un taux avantageux si l'on désire souscrire un prêt immobilier. C'est aussi le plus souvent des charges sociales payées par les familles sur la "base forfaitaire", c'est-à-dire a minima et par conséquent, pour l'intervenant, une future retraite très, très maigre. Mais y pense-t-on lorsque l'on a 30 ans ?

Outre ces aspects, disons, structurels, liés aux conditions d'exercice de ce métier, nous pouvons également nous trouver dans des situations inconfortables, liées à l'élève ou sa famille. Je donnerai un exemple. Une de mes anciennes élèves, redoublante en terminale, avait finalement réussi à décrocher son bac, à force de bachotage. Elle m'avait fait part des études supérieures qu'elle désirait suivre par la suite. Très "scolaire" au mauvais sens du terme, c’est-à-dire manquant cruellement de culture générale, éprouvant des difficultés à s'exprimer clairement par écrit, je me doutais qu'elle serait totalement perdue dans le supérieur. Résultat : une année de fac, une autre première année dans un autre domaine, et encore une troisième première année ailleurs. Aux dernières nouvelles, elle travaillait à plein temps comme serveuse dans une chaîne de restaurants servant des pizzas. Ses parents, de braves gens sans beaucoup de moyens financiers, s'étaient saignés aux quatre veines pour lui payer des cours. Et tout cela pour quoi ? On peut se dire "Ce n'est pas mon problème, on m'a demandé des cours, j'ai donné des cours du mieux que je pouvais, la jeune a eu son bac alors que ce n'était pas gagné : contrat rempli.". On peut aussi éprouver une sorte de "nausée", un sentiment d'absurdité.

 

Que recommanderais-tu à un jeune diplômé désireux de se lancer dans cette profession ?

De bien réfléchir avant... Pourquoi vouloir exercer ce métier improbable ? J'ai exposé plus haut quelques aspects difficiles de cette profession. Il en existe d'autres, comme par exemple l'exercice indépendant : on est certes libre, et pour certains (dont moi) cela n'a pas de prix. Pour d'autres, cela peut être difficile à assumer. C'est un exercice libéral, il faut se bouger, avancer sans se poser (trop) de questions, tenter sans connaître le résultat par avance, bref "avoir la pêche", ce qui n'est pas donné à tout le monde. Une fois la décision prise, il ne faut pas se décourager. Les élèves sont durs à trouver lorsque l'on commence, il ne suffit pas de s'asseoir dans un coin sombre et d'ouvrir le bec en attendant que les demandes de cours y tombent toutes rôties...Une bonne solution peut consister à rejoindre un réseau structuré de profs indépendants, celui-ci puisqu'il n'y en a qu'un ! On pourra alors bénéficier de conseils avisés, voire trouver facilement des élèves.

 

Pour plus d'information concernant les prestations de soutien scolaire de Didier, rendez-vous sur son site personnel : www.cours-de-maths-78.fr

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Commentaires : 3
  • #1

    Marc (mercredi, 25 avril 2012 10:02)

    Mr Didier est vraiment le précurseur des professeurs indépendants : j'ai appris beaucoup de choses grâce à ses multiples participations sur le net!

    bn continuation

  • #2

    samir (mardi, 26 mai 2015 20:36)


    soutien scolaire paris - Formaleo leader dans le soutien scolaire et les cours particuliers à domicile de qualité pour enfants, adolescents et adultes dans toutes les matières,

  • #3

    Hiram Gorgone (mardi, 07 février 2017 08:46)


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